L’avenir de la planète se négocie à Ottawa !

Publié le jeudi 9 novembre 2017

Ou presque… C’est en tout cas dans cette optique qu’une partie des étudiants de deuxième et de troisième année de la Section de droit civil de l’Université d’Ottawa s’est réunie le 19 octobre dernier afin de participer à une simulation de négociation internationale. 

Les étudiantes et étudiants du cours de droit international de l’environnement ont ainsi eu la tâche de négocier la Convention d’Ottawa sur la Diversité Biologique et la Convention d’Ottawa sur les changements climatiques ; deux textes certes factices mais construits à partir de dispositions de conventions et traités internationaux en droit de l’environnement existants ou passés.

Réparties selon six zones géographiques et dotées de profils et de mandats spécifiques, les délégations ont échangé, débattu, négocié, afin de parvenir à l’adoption des deux textes dans la limite de temps très serrée qui leur était accordée, soit 2 heures 12 minutes et 27 secondes.

Nos délégations en pleine négociation

Les débats concernant les enjeux scientifiques, juridiques et économiques ont été nombreux. Les anicroches n’ont pas manqué et plusieurs fois on a craint un échec des négociations! Néanmoins, à force de discussions, de pressions politiques diverses, et de compromis, les délégations sont parvenues à adopter les deux textes in extremis.

Afin de pimenter les choses, chaque délégation disposait de pouvoirs spéciaux représentant certaines dynamiques propres aux négociations internationales et leur permettant d’influencer le vote des articles. Par exemple, en invoquant le pouvoir « l’union fait la force », une délégation pouvait échapper à l’exigence de l’unanimité et faire adopter un article par une coalition de trois délégations seulement. De la même manière, le pouvoir « discussions de couloir » permettait à deux délégations seulement de faire adopter un article.

Les pouvoirs spéciaux représentant certaines dynamiques propres aux négociations internationales permettent d’influencer le vote des articles

Cette activité pédagogique originale a permis aux étudiants de se familiariser avec le fonctionnement des négociations internationales et de manipuler le droit international existant ou passé dans les champs de la protection de la biodiversité et de la lutte contre les changements climatiques.

Profitant d’une salle particulièrement adaptée et permettant une mise en scène efficace (la salle LPR 286 du Centre d'innovation en technologies éducatives de l’Université d’Ottawa – et son personnel extraordinaire qui a permis un déroulement sans accroc de la simulation), les étudiants ont largement fait part de leur appréciation de l’activité. Celle-ci leur a notamment permis « d’être exposés à une diversité d’idées et d’arguments » qu’ils n’avaient pas nécessairement considérés individuellement. En particulier, « les élèves ont pu se rendre compte des difficultés qu’ils peuvent rencontrer lorsqu’ils doivent débattre avec des vis-à-vis qui défendent des intérêts opposés, dans un espace clos, assis, debout, serrés les uns contre les autres ». En effet, l’activité, au cours de laquelle les étudiants sont libres de gérer tant l’espace et le temps que la dynamique de leurs interactions, a pour objectif de stimuler leur capacité d’adaptation. D’après l’un des participants, « la simulation fait rapidement naître le besoin de développer des stratégies, d’intégrer des paramètres que nous n’avions pas envisagés, tels que les pouvoirs qui nous étaient conférés et la création de complicités avec d’autres délégations pour réaliser un objectif commun ». L’activité a également été l’occasion pour les étudiants de créer des liens entre eux.

La salle LPR 286 du Centre d'innovation en technologies éducatives de l’Université d’Ottawa est particulièrement adaptée à ce genre d'excercice et permet une mise en scène efficace

Finalement, en dépit du caractère factice de la négociation, l’avenir de l’avenir de la planète se prépare bel et bien au sein de la Section de droit civil de l’Université d’Ottawa où est formée une nouvelle génération de juristes!

Cette activité était organisée dans le cadre du cours DRC 4539 Droit International de l’Environnement, par le professeur Thomas Burelli, avec le concours indispensable de deux doctorants de la Faculté de droit : Zoé Boirin-Fargues et Alexandre Lillo.

Thomas Burelli, Alexandre Lillo et Zoé Boirin-Fargues

Le professeur Thomas Burelli et les doctorants en droit Alexandre Lillo et Zoé Boirin-Fargues

Haut de page