Renouvellement de la Chaire sur le pluralisme juridique et le droit comparé

Publié le lundi 11 décembre 2017

(Texte de Anne-Sophie Ouellet, sur le site web de Pascale Fournier)

Pascale Fournier lors de la réception de l'Université d'Ottawa pour souligner l'excellence en recherche et en enseignement

 

Excellente nouvelle : la Chaire de recherche sur le pluralisme juridique et le droit comparé que dirige la Professeure Fournier a été renouvelée pour une période de 5 ans, soit jusqu’en octobre 2023 ! La Professeure Fournier avait été nommée titulaire de la Chaire en 2012. Le renouvellement de la Chaire se fait sur la recommandation du Comité d’évaluation des chaires de recherche de l’Université d’Ottawa et prend en considération le niveau d’excellence et de productivité de la recherche, le niveau d’impact et de reconnaissance internationale, la capacité d’avoir pu attirer et retenir d’excellents stagiaires, l’originalité du programme de recherche proposé et la pertinence du programme de recherche en lien avec les axes prioritaires de développement de la recherche de l’Université d’Ottawa. Depuis 2012, la Chaire a mené de front plusieurs projets de recherche. Dans les prochaines années, les travaux de la Chaire s’inscriront dans la continuité des projets de recherches menés par la Professeure Fournier auprès des femmes libanaises issues de différentes confessions religieuses.

À l’instar d’autres pays du Moyen-Orient où le droit de la famille est strictement religieux, le Liban confère à dix-huit communautés religieuses officielles le pouvoir d’administrer leurs propres tribunaux et d’appliquer le droit de la famille religieux qui leur est propre. En cette ère de mondialisation et de mouvement des populations, les tribunaux québécois sont appelés à s’interroger sur l’application ou la non-application de ce droit religieux en vertu des règles de droit international privé. Un débat critique doit alors être tranché. Lorsque des individus mariés au Liban demandent le divorce au Québec, le droit de la famille religieux doit-il gouverner les règles du droit de la famille québécois et ce, dans le respect de l’identité religieuse des minorités, ou constitue-t-il plutôt une forme d’oppression des femmes à l’encontre de l’ordre public québécois, auquel cas il ne serait pas applicable?

Le programme de recherche de la Chaire, financé en partie par la prestigieuse subvention « Savoir » du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) pour les cinq prochaines années, s’articule autour de deux volets. Le premier procèdera à un examen du droit religieux de la famille de sept des plus importantes communautés religieuses du Liban, les Maronites, les Grecs orthodoxes, les Catholiques melkites, les Arméniens orthodoxes, les Sunnites, les Chiites et les Druzes, afin d’identifier les conséquences de son application sur la condition des femmes libanaises. Soixante-dix entrevues seront donc réalisées au Liban avec des femmes issues de ces communautés. À cette fin, le droit de la famille religieux formel (law in books) et vivant (law in action) seront mis en relief afin de dégager les normes extra-étatiques qui font partie de l’ordre juridique. Le deuxième volet examinera les conséquences de la migration du droit religieux de la famille au Québec par l’entremise du droit international privé et son impact sur la notion d’ordre public québécois.

Les recherches de la Professeure Fournier en matière d’accessibilité à la justice et de droits des femmes et des enfants ont été soulignées par le recteur et vice-chancelier de l’Université d’Ottawa, Monsieur Jacques Frémont, lors de la réception célébrant l’excellence en recherche et en enseignement. Cette réception du 28 novembre 2017 visait à rendre hommage aux membres du corps professoral qui ont reçu d’importants prix et distinctions en 2016—2017, qui ont joué un rôle déterminant en en ce qui concerne l’expérience et le succès des étudiant.e.s à tous les niveaux et qui ont ainsi permis à l’Université d’Ottawa de rayonner partout dans le monde sur le plan de la recherche.

Jabeur Fathally et Pascale Fournier en compagnie de Jacques Frémont

Pascale Fournier et son collègue de la Section de droit civil, Jabeur Fathally, discutent avec le recteur et vice-chancellierJacques Frémont.

 

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