Avocat et globe-trotter

Publié le lundi 25 mai 2015

De sa tour à bureau à Wall Street, Jean-Christophe Martel voit le pont de Brooklyn.

Article de Nadine Saint-Amour, dans Tabaret

J’étais à la recherche de jeunes diplômés au parcours exceptionnel lorsque Jean-Christophe Martel m’a rappelée de son bureau chez Sullivan & Cromwell à Manhattan. Nous étions à la fin de janvier, au lendemain de la nième grosse tempête de neige ayant frappé l’est des États-Unis, et il était au bureau comme si de rien n’était. Il faut dire que ce Hullois d’origine est plutôt habitué aux rigueurs de l’hiver…

Jean-Christophe Martel a développé une perspective internationale alors qu’il fréquentait le Lycée Claudel à Ottawa, une école du système d’éducation français axée sur la culture et les langues. Jeune, il voulait devenir diplomate, mais il a attrapé au Lycée la piqûre des joutes oratoires, une habileté qu’il a continué à développer en finissant son secondaire au UWC Atlantic College, une magnifique école située dans un château médiéval aux airs de Poudlard, juchée sur les falaises surplombant le canal de Bristol au Pays de Galles, et berceau du programme de baccalauréat international. C’est au retour de ce premier séjour au Royaume-Uni qu’il s’est inscrit en droit à l’Université d’Ottawa.

« L’Université d’Ottawa m’a inculqué la rigueur de l’analyse juridique, et j’y ai acquis toutes les bases de ma formation. En particulier, notre programme bijuridique de droit civil et de common law m’a permis de conceptualiser la loi avec un regard critique et comparatif, et il m’offre aujourd’hui un avantage professionnel incomparable dans un monde toujours plus globalisé», a déclaré l’avocat.

À la Faculté de droit, Jean-Christophe Martel a continué à aiguiser ses talents d’orateur. Il a décroché une première place au concours national Laskin en droit constitutionnel et une deuxième place fort honorable au concours Willem C. Vis en arbitrage commercial international, un des concours de plaidoirie les plus prestigieux au monde qui se tient chaque année à Vienne.

Après avoir obtenu son J.D. en 2010, et le prix Brian Dickson pour la plus haute moyenne de sa cohorte, Jean-Christophe Martel s’est vu décerner une prestigieuse bourse Rhodes dont il est le dernier récipiendaire en date à l’Université d’Ottawa. Il est donc retourné au Royaume-Uni suivre le programme Magister Juris d’études supérieures en droit, au collège Lincoln de l’Université d’Oxford. Ce séjour a été pour l’étudiant une expérience unique empreinte de traditions centenaires comme la prière en latin à chaque repas et le port obligatoire de la toge et du nœud papillon aux examens, mais surtout l’occasion d’approfondir ses connaissances du droit commercial et de la philosophie du droit avec certains des meilleurs juristes au monde.

Rentré à Ottawa, Jean-Christophe Martel a occupé les fonctions de clerc auprès de la Juge en chef de la Cour suprême du Canada, Beverley McLachlin, stage au sommet de l’appareil judiciaire canadien qui lui a permis de prendre part aux débats juridiques les plus fascinants du pays, de renouveler quotidiennement sa réflexion sur le système de justice et de travailler sur des causes dont les répercussions touchent tous les Canadiens.

Puis, il est parti pour l’Université Harvard, la bourse Frank-Knox en poche, où il a obtenu le prix Addison-Brown pour sa recherche en droit commercial international. À mi-chemin entre le droit et l’économie, son étude a mesuré pour la première fois l’impact de la Convention des Nations Unies sur les contrats de vente internationale de marchandises sur le commerce mondial, remettant en cause plusieurs idées préconçues dans ce domaine.

Les connaissances de Jean-Christophe Martel en droit commercial lui sont fort utiles chez Sullivan & Cromwell, le plus ancien des grands cabinets juridiques de Wall Street, où il pratique l’arbitrage et le litige civil. L’essentiel de sa pratique demeure axé sur les besoins juridiques de Wall Street mais ses dossiers l’amènent parfois à voyager. Il revient toujours chez lui, à Manhattan, où il est installé avec sa femme.

Malgré ses longues heures de travail, l’avocat trouve toujours un peu de temps pour profiter de la richesse culturelle de la Ville-qui-ne-dort-jamais en allant au concert ou au ballet. Il a pratiqué la danse alors qu’il était enfant, un art difficile qui lui a inculqué à la fois une excellente discipline et l’amour de la musique. Pour se détendre, il aime jouer la Suite gothique de Boëllmann ou des fugues de Bach sur l’orgue de différentes églises de Manhattan, quand il ne sort pas faire son jogging dans les rues désertes de Wall Street à l’aube, avant que la tornade des affaires ne s’empare du quartier.

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