La diplômée Me Thi Trang Dai Nguyen encourage les étudiants provenant de minorités visibles à étudier le droit, en créant une nouvelle bourse pour les appuyer

Publié le mardi 20 avril 2021

Maître Trang Dai Nguyen veut encourager et redonner au suivant. Avec l’aide du Bureau de développement de l’Université d’Ottawa, Me Nguyen a tout récemment mis sur pied une bourse pour appuyer des étudiantes et des étudiants qui sont membres de minorités visibles et qui sont inscrits dans un programme de premier cycle à la Faculté de droit, Section de droit civil de l’Université d’Ottawa. 

Comme des milliers d’autres Boat People qui ont fui le régime communiste oppressif sévissant après la guerre, la famille de Me Nguyen décide de quitter le Vietnam. La jeune Trang Dai n’a que quatre ans lorsque sa famille s’installe au Canada. 

Me Nguyen a obtenu sa licence en droit (LL.L.) de la Section de droit civil à l’Université d’Ottawa et elle est devenue membre du Barreau du Québec en 2003. 

Durant sa première année en droit, Me Nguyen a dû travailler afin de pouvoir payer ses frais de scolarité. Heureusement, à sa 2e année, elle reçoit une bourse d’excellence du ministère de la Justice du Canada qui l’a grandement aidée à terminer ses études. Ce fut un grand soulagement pour la jeune étudiante, lui permettant de continuer à se concentrer sur son travail académique et de bien réussir. Me Nguyen est convaincue que son niveau de stress aurait été beaucoup plus élevé si elle n’avait pas été récipiendaire d’une bourse et pour cela, elle se dit extrêmement reconnaissante. C’est l’une des principales raisons qui la motive à redonner aujourd’hui. 

Ayant reçu cette bourse, Me Nguyen a passé ses étés au ministère de la Justice du Canada, où elle a été engagée comme étudiante. De plus, en échange de la bourse d’excellence qu’elle avait reçue pour l’aider à payer ses études, Me Nguyen devait s’engager à travailler les trois premières années de sa carrière à Justice Canada. Alors qu’elle était d’abord convaincue qu’elle ferait carrière dans le secteur privé après son contrat, elle a plutôt choisi de rester au ministère en réalisant le grand nombre d’opportunités qui se présentaient à elle. Jusqu’à ce jour, elle y mène une brillante et fructueuse carrière.

Me Nguyen a occupé différents postes de conseillère juridique au sein du ministère. Elle a œuvré au sein du groupe du bijuridisme législatif à l’intérieur duquel elle a participé à l’harmonisation d’un nombre important de règlements fédéraux avec le droit civil du Québec. Elle a travaillé comme avocate à la Section des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, où elle était responsable des procès pour crimes de guerre. Elle a également été chargée des questions liées à la surveillance électronique et aux fouilles à la Section des politiques pénales et sociales. La brillante avocate a eu l’occasion de voyager à l’international dans le cadre de ses fonctions et a pu toucher à presque tous les domaines du droit au gouvernement fédéral. 

Aujourd’hui, elle est procureure au Service des poursuites pénales du Canada, ce qui l’amène à plaider devant les tribunaux.  

Me Nguyen travaille fort pour contribuer à améliorer notre système juridique. En créant la Bourse Trang-Dai-Nguyen, elle veut appuyer les étudiants provenant de minorités visibles à poursuivre leurs études en droit et à s’engager. Selon Me Nguyen, « le système juridique en soi n’est pas parfait, mais les minorités visibles ont le devoir de s’impliquer car c’est important de le faire. C’est une question de légitimité : par exemple, si la magistrate est une femme noire ou asiatique, l’accusé noir ou asiatique se sent plus à l’aise, se sent compris. » 

Me Nguyen veut encourager les étudiants asiatiques et les étudiants de toute autre minorité visible à « s’engager dans l’administration de la justice, car si on ne s’implique pas, rien ne va changer. Ça prend des leaders et des gens qui vivent ça. Mon but est d’encourager des asiatiques à étudier le droit s’ils ou elles le veulent. Comme un bon nombre d’enfants asiatiques, j’ai été encouragée à étudier en science de la santé ou en science pure. Mais plutôt, j’étais l’enfant « rebelle » qui est allée étudier en droit! Je crois sincèrement à la justice sociale, mais ce n’est pas aux autres de changer; si on se plaint du système, il faut faire entendre notre voix. Je crois que le changement viendra avec l’éducation, car c’est une voie pour s’en sortir et pour faire avancer la justice. Plus il y aura de diversité au sein de la profession juridique et plus la voix des minorités sera entendue, plus il y aura de la justice! » Elle conclut en nous disant que : « Cette bourse est pour les étudiants qui veulent être des enfants rebelles comme moi! Et si je peux me permettre de les y aider, je vais le faire! »

La doyenne de la Section de droit civil, Marie-Eve Sylvestre, est enchantée de la création de cette bourse : « Tant par son parcours exceptionnel que par sa générosité, Me Nguyen est un véritable modèle pour nos étudiant.es! En créant une bourse qui promeut la diversité, l’engagement et la justice sociale, elle permet à nos étudiant.es provenant des minorités visibles de continuer à rêver et à oser ». 

Cette bourse est disponible aux étudiants issus de minorités visibles qui ont atteint leur 2e ou 3e année d’études en droit civil à la Faculté de droit, Section de droit civil de l’Université d’Ottawa. La date limite pour déposer une demande est le 31 octobre de chaque année. 

Pour contribuer à la Bourse Trang-Dai-Nguyen, rendez-vous directement sur le formulaire de don.

 

Maître Trang Dai Nguyen

Me Trang Dai Nguyen

 

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