Une jeune diplômée crée la Bourse d’admission Bansoba pour les futur.e.s étudiant.e.s noir.e.s en droit civil

Publié le jeudi 7 janvier 2021

Ruth Bansoba in Fauteux Hall

Ruth est passionnée par le droit, et ce, d’aussi loin qu’elle se souvienne. Sa passion prend racine dans son histoire personnelle. Née en République démocratique du Congo en 1993, puis déménagée dans un camp de réfugiés en Ouganda, elle et sa famille ont finalement trouvé refuge au Canada en 2001. 

« J’ai été témoin de guerres civiles et d’actes d’extrême violence, mentionne-t-elle. Par la suite, au Canada, j’ai vécu et vu de la discrimination et du racisme. Chaque personne réagit différemment face à l’injustice. Pour ma part, le domaine du droit m’a semblé l’avenue pour intervenir face à ce dont j’ai été témoin et cible », raconte la jeune diplômée. « Je n'ai pas une vision utopique, je ne m’imagine pas faire la paix dans le monde, mais je sais que je peux faire une différence. »

L’Université d’Ottawa lui est apparue comme une réponse pour parvenir à ses ambitions. Aujourd’hui, elle souhaite donner au suivant. Avec l’aide du Bureau de développement, elle a créé la Bourse d’admission Bansoba afin de contribuer au changement et offrir de plus grandes opportunités aux prochaines générations d'étudiant.e.s noir.e.s en droit. Son souhait pour le futur est de voir davantage de diversité, d’inclusion et de représentation à tous les niveaux du domaine du droit.

Pour une plus grande représentativité et diversité dans le domaine juridique

Ruth, qui étudie présentement au Barreau, remarque un grand manque de représentation et d’inclusion que ce soit dans les établissements d’enseignement, dans les palais de justice ou au sein des grands cabinets. Malgré son enthousiasme et sa détermination, elle raconte les doutes et obstacles qui ont parsemé son parcours. « Quand on n’a pas de modèles de qui s’inspirer, on se demande si on a vraiment notre place. »

Elle se remémore d’ailleurs le témoignage qu’elle avait reçu d’une autre étudiante noire, qui partageait les mêmes préoccupations. « Elle m’avait écrit pour me dire à quel point elle avait trouvé son parcours difficile. Le droit est un domaine très exigeant, alors on a d’autant plus besoin de se sentir inclus et de pouvoir s’épauler entre nous. Ce qu’on vit en tant que personne racisée est difficile à expliquer », partage Ruth en précisant que l’étudiante en question a quitté le domaine avant de terminer ses études. « Je me suis dit : on ne peut pas se permettre ça, il faut se soutenir », ajoute-t-elle.

Cette histoire l’a inspirée à fonder la branche de l’Association des Étudiant.e.s Noir.e.s en Droit (AEND) pour la Section de droit civil, en 2019. 

L’Association a instauré plusieurs projets, notamment un programme de mentorat par les pairs, qui fonctionne à merveille aux dires de la diplômée. L’AEND a aussi organisé quelques conférences pour la sensibilisation à la discrimination qui ont généré un haut taux de participation. 

Reconnaissante du soutien sur lequel elle a pu compter pour réaliser ses projets, Ruth tient à souligner l’apport de la doyenne de la Section de droit civil, Marie-Eve Sylvestre et du doyen adjoint, Pierre Thibault. « J’ai remarqué immédiatement la main qu’on me tendait. Je ne pourrai jamais assez les remercier », raconte la diplômée qui a aussi reçu l’appui de la Section de droit civil dans son ensemble pour la mise sur pied de la bourse. 

« Je suis extrêmement fière de la création de cette bourse qui nous permettra non seulement d’appuyer nos futurs étudiants noirs, mais également de célébrer le leadership et l’immense contribution de Ruth à notre communauté! » partage Marie-Eve Sylvestre, la doyenne de la Section de droit civil. « Je suis d’autant plus reconnaissante que cette bourse s’inscrit parfaitement dans une série de mesures que nous souhaitons mettre en place pour créer un environnement accueillant et égalitaire pour les étudiants noirs et racisés à la Faculté. »

Un coup de pouce pour les prochaines générations

Ruth souhaite que les personnes qui recevront la bourse et tous les membres des communautés noires qui ont un intérêt pour les études en droit, sachent qu’ils y ont leur place et qu’ils peuvent foncer avec confiance. 

« Je veux leur dire que ça ne sera pas nécessairement facile, mais l’Association, la Faculté et l’Université sont là pour les soutenir », partage Ruth. Ainsi, la bourse portant son nom a deux objectifs; le premier étant d’encourager les jeunes des communautés noires à envisager le droit comme plan de carrière. Le second est d’offrir un soutien financier dès la première année à un.e étudiant.e noir.e qui démontre un engagement envers la communauté noire et qui fait preuve de persévérance et de soif de réussite. 

Les candidatures pour la Bourse d’admission Bansoba pour les étudiant.e.s noir.e.s de la Section de droit civil sont acceptées dès le 1er février et ce, jusqu’au 31 mars 2021 pour la cohorte débutant aux études de premier cycle en septembre 2021. 

La diplômée se dit particulièrement heureuse du grand élan de générosité de la part de la Section de droit civil, d’avocats issus de la communauté noire, du corps professoral et même de la communauté étudiante face à cette bourse. « J’aimerais remercier les personnes qui ont déjà contribué au fonds et qui ont cru à ce projet dès le début. Merci de faire partie du changement! », ajoute-t-elle. 

Pour contribuer au fonds, rendez-vous directement sur le formulaire de don.

 

*Article tiré de la Gazette de l'Université d'Ottawa.

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