Ottawa: une doyenne tournée vers l’international

Publié le mardi 24 mai 2016

Céline Lévesque

(Article écrit par Theodora Navarro et publié dans le site web DroitInc.com le 24 mai 2016 et disponible en cliquant ici)

La doyenne de la section de droit civil de l’Université d’Ottawa a deux passions: sa fac et le monde. Elle s’est confiée à Droit-inc sur ses projets, sa vision et ses objectifs...

Internationaliste. C’est indubitablement le mot qui caractérise le mieux Me Céline Lévesque, actuelle doyenne de la section de droit civil de l’Université d’Ottawa.

Ce goût pour l’international a ponctué son parcours. À la fac, déjà, elle décide de suivre le parcours droit de international. Le goût du voyage en bandoulière, elle navigue au gré des cursus qu’elle suit.

Diplômée de l’Université d’Ottawa, Me Lévesque traverse le pays pour rejoindre Halifax. Puis elle s’envole pour suivre une maîtrise à Bruges, en Belgique, puis franchit de nouveau l’Atlantique et pose ses valises à la George Washington University, aux États-Unis.

Depuis le Bas-Saint-Laurent

Elle qui vient d’un « petit patelin dans le Bas-Saint-Laurent » estime n’avoir eu finalement qu’une envie très normale et banale : voir le monde. Intéressée par les affaires publiques, elle s’est tournée vers le droit avec l’envie de grimper au plus haut.

Jeune adulte, elle convainc un cabinet de l’envoyer travailler à Londres pour l’été. « On m’a dit alors que j’étais une go-getter », sourit-elle. Go-getter, c’est-à-dire une personne têtue, ambitieuse, mais aussi déterminée. Mais sa seule ambition finalement, c’est d’aller à la rencontre d’autres cultures. Une envie qu’elle souhaite transmettre à ses étudiants.

Développer l’aspect international à l’Université est l’un de ses objectifs numéro 1. Celui qu’elle a présenté lors de sa candidature au poste de doyenne. Celui qu’elle met en oeuvre aujourd’hui. « Je suis internationaliste de formation mais aussi de coeur », avoue-t-elle.

Sa préoccupation principale, ce sont les étudiants. « Je ne voulais pas devenir doyenne pour le titre, je voulais être doyenne de cette université-là », précise-t-elle. Une université au sein de laquelle elle entame, à 48 ans, une deuxième année comme doyenne. Une université qui est aussi, selon elle, une deuxième famille pour les étudiants qu’elle accueille. « Beaucoup d’étudiants viennent de loin, certains sont présents à l’occasion d’un semestre et viennent de l’étranger, tous se recréent une vie ici. » Nourrir la relation avec les diplômés fait également partie de ses mandats.

Garder l’esprit ouvert

À ses étudiants que Me Lévesque avoue « adorer voir évoluer », elle prône l’ouverture. Pour elle, son nouveau rôle de doyenne lui a notamment permis de s’interroger sur la direction qu’elle souhaitait prendre, après 15 ans passés comme professeur . « Leur offre-t-on le meilleur enseignement possible? », s’interroge-t-elle à voix haute. Parmi ses mandats, outre l’international, elle note l’importance d’un enseignement plus large, ouvert sur les autres disciplines. Un enseignement hybride est également au coeur de ses préoccupations. « Les professeurs vont mêler enseignement en classe et cours en ligne », souligne-t-elle.

C’est qu’aujourd’hui, les élèves sont littéralement « branchés », observe-t-elle. Et s’il est peut-être complexe de retenir toujours leur attention, la doyenne y voit également des avantages. « Ils sont ouverts sur le monde, ils connaissent mieux les actualités, ils savent ce qui se passe en Ukraine, en Syrie...»

Pratiques alternatives

Lorsqu’elle les a rencontré, à l’orée de sa deuxième année comme doyenne, elle a eu des mots percutants. « Nous sommes ici pour vous aider à réaliser votre plein potentiel, à réaliser vos rêves… mêmes ceux que vous n’êtes pas encore en mesure d’imaginer! ». Car la peur de l’avenir ressenti par les jeunes juristes, Me Lévesque en a conscience. « Ce stress est palpable dès la course aux stages ». Mais elle se veut rassurante. « Nous faisons en sorte de leur parler aussi des pratiques alternatives, il y a énormément d’emplois possibles lorsque l’on est diplômé en droit ». Développer le pôle recherche est également l’une de ses priorités.

Au vu de la situation géographique spéciale de la faculté d’Ottawa, en plein coeur de la capitale, les emplois semblent cependant tournés vers le public. « Nous avons un programme qui nous permet de placer des étudiants à la Cour Suprême », reconnaît la doyenne.

Une Cour Suprême que les étudiants ont l’occasion de découvrir et de côtoyer tout au long de leur cursus, notamment en assistant à des audiences.

Entente entre universités

Reste que l’horizon international continue à danser sous les yeux de Me Lévesque. Avec 25 pays à son actif et une expérience de longue date en droit international des investissements, son « dada », elle ne peut s’empêcher de voir la rencontre des cultures comme une richesse. Elle a commencé à négocier des ententes avec les universités, se rendant en Chine, en octobre 2015, puis au Mexique, au mois de février. C’est également à Paris qu’elle s’est déplacée, début mai, pour négocier un protocole avec la Sorbonne.

C’est qu’à l’étranger, dans d’autres cultures, elle se sent, de son propre aveu, comme « un poisson dans l’eau ». Alors, loin de la fac qu’elle aime tant, ce sont ses trois garçons qu’elle emmène dans son sillage lorsque son temps libre lui permet. A 12 et 10 ans - pour ses jumeaux - ils ont déjà l’envie de découvrir le monde. Le pays où Me Lévesque rêve de se rendre? « L’Australie! », lance-t-elle, sans l’ombre d’une hésitation. De quoi cocher un nouveau continent sur la grande carte de ses découvertes.

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