Pascale Cornut St-Pierre reçoit le prix Jean Carbonnier 2018

Publié le jeudi 28 mars 2019

Le 18 mars dernier, la professeure Pascale Cornut St-Pierre a reçu le prix Jean Carbonnier de la recherche sur le droit et la justice lors d’une cérémonie organisée dans les salles du Conseil d’État à Paris. Outre la lauréate, la cérémonie rassemblait les membres du jury du prix Jean Carbonnier, des représentants de la Mission de recherche Droit et Justice, des éditions Dalloz et de divers ministères du gouvernement français, ainsi que des membres de la famille de Jean Carbonnier. 

Le prix Jean Carbonnier est décerné en France par la Mission de recherche Droit et Justice, une instance créée à l’initiative conjointe du ministère de la Justice et du Conseil de la recherche scientifique (CNRS) et ayant pour vocation de créer un lien entre le monde de la recherche universitaire et celui de la justice. Il récompense des travaux établissant un dialogue interdisciplinaire au sujet du droit ou de la justice et vise à symboliser l’ouverture des juristes aux problèmes de la société dans laquelle ils évoluent. Doté d’un montant de 5000 €, il est attribué chaque année à un ou une jeune chercheur(e) francophone. Il récompense cette année la thèse de doctorat de la professeure Cornut St-Pierre, intitulée Les swaps ou l’innovation financière aux mains des juristes : contribution à l’étude socio-juridique de la financiarisation. 

« En m’octroyant le prix Jean Carbonnier », a mentionné la lauréate lors de son discours, « la Mission de recherche Droit et Justice donne une grande visibilité à une thèse atypique, une thèse qui amène la sociologie du droit sur des terrains où celle-ci s’aventure rarement : celui de la finance et de ses dispositifs techniques. Il s’agit d’une avenue de recherche qui demeure mal balisée, les phénomènes économiques et financiers ayant été relativement négligés par les travaux de sociologie du droit des dernières décennies. Ma thèse a pris le parti d’aborder ces phénomènes dans toute leur technicité, sans se cantonner au regard externe que l’on attribue parfois aux sociologues du droit, mais sans adopter une posture technicienne pour autant. À ceux qui seraient tentés de s’engager sur la même voie, j’espère que mon travail pourra servir de modèle, ou à tout le moins d’exemple. » 

(c) Conseil d'État/JB Eyguesier

Dans son allocution, le président du jury du prix Carbonnier, le président de la section du contentieux du Conseil d’État Jean-Denis Combrexelle, a pour sa part souligné le courage avec lequel la lauréate a abordé des objets financiers d’une grande complexité : « il est un domaine où le juriste et même une partie des économistes renoncent, en raison de sa trop grande technicité, à s’engager : c’est celui de la finance internationale dans sa forme moderne et notamment les produits financiers dérivés. […] Je dirais aussi que vos étudiants ont bien de la chance de vous avoir comme professeur quand on voit le souci de pédagogie et d’explication qui a été le vôtre dans votre thèse. »

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