Pierre Foucher devient chevalier de l'Ordre de la Pléiade

Publié le vendredi 22 avril 2016

Pour sa contribution exceptionnelle envers la Francophonie ontarienne, Pierre Foucher a été décoré de l’insigne de l'Ordre de la Pléiade le 18 avril 2016. Nous recopions ici un texte qu'il a écrit suite à la cérémonie officielle, tenue à l'Assemblée législative de l'Ontario. Ce texte a d'abord été publié sur le site internet du Centre de recherche en civilisation canadienne-française, dont il est le directeur.

Ma Pléïade

Lundi le 18 avril dernier, j'ai été reçu chevalier de l'ordre de la Pléïade, avec 5 co-récipiendaires (M. Alain Beaudoin de Newmarket, Mme Diane Dubois de Saint-Thomas, Mme Lorraine Hamilton de Burlington, M. Louis Patry d'Orléans et Mme Carmen Portelance de Downing). L'événement se tenait à l'Assemblée législative à Queens Park. Cérémonie simple mais impressionnante. Nous avons d'abord été accueillis par le président de l'Assemblée, l'honorable Dave Levac, qui a révélé qu'il était Métis et qu'il avait des ancêtres francophones. Puis, après une visite guidée de l'édifice, incluant d'ailleurs les appartements personnels du président de l'Assemblée puisqu'il doit résider sur place pour être en mesure de faire face à toute urgence, nous sommes allés attendre dans les salons de la lieutenante gouverneure d'où nous avons été conduits à la salle dite «de musique », là où était remise la médaille avec le certificat. Je dois dire que ce fut pour moi le moment le plus impressionnant de la journée. D'entrer ainsi dans une salle où nous attendent déjà nos invités et des observateurs, de prendre place en avant, de se lever et de faire face à la foule pour recevoir de la présidente de l'APF, l'honorable France Gélinas ainsi que de la lieutenante gouverneure, son excellence Mme Elizabeth Dowdeswell, le certificat et la médaille, d'entendre ces gens ainsi que des représentants des trois partis politiques à l'Assemblée nous adresser de bons mots et reconnaître notre contribution à l'avancement de la vie en français en Ontario, c'était beaucoup d'honneur et d'émotion. Après une courte réception, nous avons été reçus à souper; ma famille et moi avons pu bénéficier de la présence à notre table de l'honorable Madeleine Meilleur et d'une membre de son bureau. Il est plutôt rare que nous puissions dîner en compagnie d'une ministre en exercice! La conversation a tourné autour de sujets plus personnels, ce n'était ni le lieu ni le moment de faire de la politique.

Pendant le repas, nous étions invités à prononcer quelques mots. Et donc pour terminer, voici le texte de ma courte présentation :

« Honorables députées, mesdames et messieurs,

Lorsque l'on m'a annoncé ma nomination, j'ai eu une pensée pour mon défunt père, qui m'a inculqué dès mes jeunes années non seulement l'amour de la langue française mais aussi la rigueur et le souci de bien la parler et bien l'écrire. Cette rigueur m'a accompagné toute ma vie et m'a certainement conduit où je suis maintenant.

J'aimerais souligner la présence de mes invitées, ma mère et ma belle-mère, ma plus jeune fille, ma belle-fille et ma conjointe. Merci de partager ce moment avec moi. Je veux aussi féliciter les co-récipiendaires, vos réalisations montrent toute la diversité des formes d'engagement envers une cause commune.

Je remercie la Faculté de droit, qui a proposé ma candidature, et ses deux doyennes Nathalie Desrosiers de common law et Céline Lévesque de droit civil, des lettres d'appui. Merci aussi à ceux et celles qui m'ont donné des références, notamment deux qui m'en ont informé, soit mon ancien doyen et ancien juge de la Cour suprême Michel Bastarache, à qui je dois beaucoup sur le plan professionnel, ainsi que ma collègue Anne Gilbert de l'Université d'Ottawa, elle-même récipiendaire de l'ordre des francophones d'Amérique.

J'accepte cet honneur au nom de mes collègues universitaires, qui oeuvrent souvent dans l'ombre mais parfois aussi publiquement, à expliquer, comprendre, questionner et faire avancer la francophonie en Ontario, au Canada et dans le monde. Et lorsque des parlementaires nous invitent à comparaitre devant eux pour discuter certaines questions, nous répondons présent avec enthousiasme. Si jamais vous m'invitez devant un de vos comités, j'irai avec plaisir et je me ferai un point d'honneur de témoigner en français!

Merci enfin à la section ontarienne de l'APF d'avoir retenu ma candidature. Et félicitations à vous, pour votre existence même! Il est remarquable de constater que le français est une langue du parlement ontarien! Votre présence et votre engagement honore la mémoire de vos prédécesseures et prédécesseurs, jusqu'au premier député francophone de l'Assemblée législative du Haut-Canada, l'honorable François Baby, élu en 1792 pour représenter la région de Windsor et qui a immédiatement milité en faveur de la traduction en français des lois du Haut-Canada (une information que je dois à mon collègue Marcel Martel de l'Université York).

Vive la francophonie ontarienne! »

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