Des questions originales : quatre chercheuses de la Section de droit civil obtiennent une subvention de recherche pour explorer de nouvelles avenues fascinantes en droit

Publié le mercredi 15 septembre 2021

Les professeures Mariève Lacroix, Sarah Berger Richardson, Pascale Cornut St-Pierre et Julie Paquin ont chacune reçu une subvention de développement Savoir du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) pour des projets de recherche audacieux qui explorent la mort, la nourriture, la finance et la liberté académique sous l’angle du droit.

La professeure Lacroix a reçu une subvention de développement Savoir pour son projet intitulé « La guerre des cendres : une approche juridique des cendres humaines au Québec », qui explore les aspects juridiques des cendres humaines. Le projet arrive dans la foulée du nouveau régime juridique inauguré au Québec par la Loi sur les activités funéraires de 2019, la première à traiter des cendres humaines dans la province. En établissant un dialogue avec des juristes et des thanatologues, la professeure Lacroix souhaite produire la première analyse juridique des cendres humaines au Québec, ce qui arrive à point nommé étant donné la hausse marquée des crémations dans la province au cours des dix dernières années. Ce projet améliorera les pratiques de crémation, établira des critères pour l’interprétation de la nouvelle loi québécoise et aidera à guider les politiques du ministère de la Santé et des Services sociaux.

La professeure Berger Richardson a reçu une subvention de développement Savoir pour son projet intitulé « Speed kills: the impact of slaughter line speeds on worker safety and animal welfare in Canada ». Depuis le début de la pandémie de coronavirus, les abattoirs sont des épicentres de transmission. Beaucoup ont été accusés de faire fi des protocoles de distanciation physique et même d’avoir accéléré la cadence de travail. Le projet examine la réglementation de la vitesse de la chaîne d’abattage sous l’angle de l’éthique, sujet à peu près absent de la recherche en droit au Canada. En se basant sur des données recueillies lors d’entrevues avec des inspecteurs fédéraux en salubrité des aliments, des inspecteurs vétérinaires et des représentants syndicaux du secteur du conditionnement des viandes, la professeure Berger Richardson analysera la façon dont la vitesse de la chaîne d’abattage façonne l’expérience des travailleurs et des bêtes.

La professeure Pascale Cornut St-Pierre a reçu une subvention de développement Savoir pour un projet intitulé « La titrisation verte entre transition écologique et financiarisation de l'économie : enquête sociojuridique sur une technique émergente de la finance durable », qui porte sur la façon dont le secteur privé peut soutenir une économie verte et durable. Les investissements nécessaires pour lutter contre les changements climatiques sont colossaux et dépassent les capacités financières des États eux-mêmes. En réaction à l’appel de la communauté internationale et des banques centrales, des banquiers, gestionnaires d’actifs et juristes travaillent à concevoir un large éventail d’instruments visant à orienter le capital vers des projets qui promettent des bienfaits pour l’environnement. Cette recherche jette un regard critique sur les modalités actuelles de la contribution du secteur financier privé au financement de la transition écologique et sur la façon dont la finance durable redistribue les droits, les obligations et les risques financiers et environnementaux entre ses différents acteurs.

Enfin, la professeure Julie Paquin a obtenu une subvention de développement Savoir pour son projet intitulé « Libres propos sur la liberté académique : exploration du potentiel du balado comme mode de production et de diffusion de la recherche universitaire sur l’Université », qui explore le recours au balado pour engager le dialogue sur la question de la liberté académique. La liberté académique est généralement vue comme essentielle à la réalisation de la mission d’enseignement et de développement du savoir des universités, mais la communauté universitaire ne s’entend pas toujours sur les limites précises de ce concept dans des situations particulières. Le projet fera appel au format de la baladodiffusion afin de démystifier cette question d’actualité.

Les subventions de développement Savoir du CRSH visent à appuyer les étapes initiales de la recherche. Elles favorisent l’approfondissement de nouvelles questions de recherche ainsi que l’expérimentation de nouvelles approches théoriques, idées et méthodes.

Félicitations à ces quatre chercheuses exceptionnelles!

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