Santé et sécurité au travail : le sexisme est plus fort que la classe sociale, selon Katherine Lippel

Publié le jeudi 25 juin 2015

Katherine Lippel, la salle de conférence et le logo de l'ETUI

Du 3 au 5 mars, Katherine Lippel, professeure et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit de la santé et de la sécurité du travail, était à Bruxelles où elle participait à la conférence internationale « Femmes, santé et travail » organisée par le European Trade Union Institute (ETUI). Cette conférence a montré qu’il y avait encore un écart important entre les droits des hommes et des femmes sur le lieu de travail.

Le thème de la santé mentale était au cœur de la présentation de Katherine Lippel. Elle a coordonné une enquête sur les conditions de travail, d’emploi et de santé et de sécurité du travail au Québec. Cette enquête a montré que les travailleuses étaient plus exposées au harcèlement psychologique au travail que les hommes (17 % vs 13 %). Ce phénomène de violence psychologique est particulièrement répandu dans les secteurs de la santé et des services sociaux. Alors qu'un niveau d'instruction élevé joue un rôle protecteur pour les salariés, un tel phénomène n'est absolument pas observé chez les femmes. Les diplômées sont tout autant exposées à la violence psychologique sur leur lieu de travail que les femmes ayant un plus faible niveau d'instruction. « Le sexisme est plus fort que la classe sociale », résume Mme Lippel.

La chercheuse a également mis en évidence le caractère discriminant du système de reconnaissance des maladies professionnelles au Québec. Pour les travailleuses souffrant d’un cancer, il est extrêmement compliqué de faire reconnaître l'origine professionnelle de leur maladie. La professeure Lippel a cité l'exemple d'une travailleuse de l'industrie de l'aluminium dont le cancer de la vessie a été attribué au fait que son compagnon fumait alors qu'un détail de cette nature était totalement absent des dossiers de ses collègues hommes également touchés par ce cancer.

Cliquez ici pour voir une entrevue réalisée avec Katherine Lippel par l'équipe de l'ETUI.

Vous pouvez également lire la présentation de Madame Lippel en cliquant ici

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